La roche tarpéienne est proche du Capitole

11 janv. 2015

Ces gens-là…


D'abord, d'abord… 
Il y a des paumés qui veulent éliminer les mecs créant par leur plume, leur crayon et leurs pensées, ceux qui croient que cela leur ouvrira les portes d'un haut d'Allah censé leur offrir des vierges voilées et excisées et une éternité supposée.
 Faut vous dire Monsieur que chez ces gens là on ne pense pas Monsieur, on ne pense pas, on tue.

Et puis il y les autres, ces gloires futiles qui éructent en désamour des mal-pensant et des femmes, ceux qui oublient leurs savoirs et leur intelligence pour jouir de provocations superficielles et tarifées et pour se croire un moment, un moment seulement, des maîtres à penser d'un nouveau nihilisme télévisuel.
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens là, on ne pense plus Monsieur, on ne pense plus, on brille.

Et puis il y a les faux romantiques qui confondent le bashing avec la clairvoyance d'un Bashung inspiré, ceux qui vénèrent un Louis-Ferdinand sénile qui souffre du bec à cause d'une gorgée de bière mal digérée à la terrasse du Flore.
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens là, on pense un peu Monsieur, on pense un peu et on droit d'auteurise.

Et puis il y a ces lemmings, ces troupes inconscientes qui courent vers la falaise pour plonger dans une vague bleue marine qui les engloutira sans retour, ces troupes d'égarés, ces soldats déçus de combats qu'ils pensaient avant comme ceux de leur classe, de leurs malheurs et de leur vie.
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens là, on ne pense pas Monsieur, on ne pense pas, on plonge.

Et puis, il y a ceux qui prennent leur Métro à la station St. Michel, qui font leur course au Tati de la Rue de Rennes ou qui vont se promener rue des Rosiers, rue de Turbigo ou à Dammartin-en-Goële, ceux qui prennent l'Airbus Alger-Paris, ceux qui se trouvent là où il ne faut pas être… et aussi ceux qui ne peuvent que s'occuper des encore moins chanceux qu'eux car exclus d'une société devenue inhumaine. 

Et puis, et puis, il y a ceux qui se sont réveillés et affirmés par des signes, des dessins ou des slogans simples, par des regroupements sans arrière pensée et qui se retrouvent ensemble étonnés par leur force et leur humanité, par la fierté d'être simplement là, face à la barbarie, simplement là, face à la barbarie….

Ces gens là Monsieur, ils rêvent, ils rêvent Monsieur, ils rêvent d'être au soleil et d'aimer leur vie. Ils rêvent de fraternité, de liberté, d'égalité, bref, de République.

Même qu'ils se disent souvent qu'ils voteront c'est sûr, que cela devrait aller mieux et que certains pourraient avoir du travail et de la reconnaissance et que si ce n'est pas sûr, c'est quand même peut-être, parce que d'autres ne le veulent pas, parce que d'autres ne veulent pas.

Mais il est tard, Monsieur
et il faut que je rentre…
chez moi...

Ccc. Jacques Brel

11 janvier 2015, © U.N. Minédipiù
Enregistrer un commentaire